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REVUE DE PRESSE : LE FIGARO
Par scribere, lundi 24 novembre 2008 à 13:17 - Revue de presse

Une comédie norvégienne très incorrecte. ***

Dans son premier long-métrage, Bard Breien fustige le discours qui consiste à ne voir que le bon côté des malheurs qui nous arrive. En salle mercredi.

« L'Art de la pensée négative » comédie noire de Bard Breien, avec Fridtjov Saheim, Kirsti Eline Torhaug, Henrik Mestad, Marian Saastad Ottesen, Kari Simonsen, Per Schaaning, Kjersti Holmen. Durée : 1 h 19.

 L'histoire ? Celle d'un handicapé, Geirr, un trentenaire accidenté planté à vie dans une chaise ­roulante. Il a un côté sale type, méchant malgré lui comme tous les handicapés. Il a très mauvais esprit, sa femme ne peut plus le supporter (il y a de quoi), il passe son temps à fumer du « shit ». Ultime espoir pour le sauver du désespoir : on lui impose un groupe d'handicapés dirigé par une marâtre pleine de bonnes et belles intentions. Nous vivons dans un monde où tout doit être « positif ». Geirr accueille ces thérapeutes en vidant un extincteur sur eux. Dès le début on devine l'ambiance.

Qu'est-ce que la « pensée positive » ? Vous êtes atteint d'un cancer ? Et alors ? D'une sclérose en plaques ? Souriez ! Creutzfeldt-Jakob ? De la rigolade. Parkinson ? Quelle blague ! Alzheimer ? Oubliez !

Le réalisateur Bard Breien a réussi l'exploit de faire une comédie lumineuse sur un sujet sordide. D'aucuns détesteront sûrement ce film politiquement très incorrect. On n'apprend pas à être heureux, à être positif. On a aussi le droit de se détruire, d'aller au fond de soi-même. « Il faut souffrir pour guérir », précise le réalisateur. Le génie de Bard Breien est d'avoir traité les handicapés comme tout le monde, car nous sommes tous des invalides.

Qu'importe. Les gens du Nord n'ont pas l'esprit bien pensant américain. Ils ne font pas dans le détail. Il découpe le cerveau comme de la viande. « C'est ma petite amie qui a travaillé dans un hôpital et qui m'a donné l'idée de faire ce film, a confié le réalisateur, de passage à Paris, lors de l'avant-première du film. J'ai appréhendé, je l'avoue les réactions des handicapés. Mais ceux qui sont allés voir le film se sont bien marrés. »

Pas de pitié mais de l'espoir

Et Breien de poursuivre : « J'ai mis beaucoup de temps à trouver ces acteurs capables d'exprimer les émotions qu'ils voulaient transmettre. » Traiter des handicapés n'est pas un sujet facile. Ici, nous ne sommes pas chez les sinistres frères Dardenne. Breien fait exploser les tabous. Nul bon sentiment. Pas de compassion. Il ne travaille pas dans la pitié mais dans l'espoir. Vingt jours de tournage. Pas un de plus. Voilà un film où tous les personnages jouent un rôle de composition, ce qu'on appelle « un film d'acteurs », comme le précise Breien, un huis clos où chaque comédien excelle. Le tout est accompagné par une bande-son dirigée par Johnny Cash. La scène de la roulette russe à la fin du film est un hommage au Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino.

On suit les chaises roulantes comme des travellings à la dérive.

Un des films les plus hilarants qui soit sur un des sujets les plus tristes qui existe. L'affiche résume presque tout. On y lit : « Fuck Them All ». Ne vous y fiez pas. Ou si. Pourtant rien d'outrageant dans ce film dérangeant. « Ne Soyez pas polis », conclut-il presque sérieusement. Il prépare son second film. On piaffe. L'Art de la pensée négative est un film d'auteur et un film d'acteurs. Dans la salle les spectateurs se sont levés pour applaudir. Toujours trouvé ridicule d'applaudir un écran. Mais Bard Breien himself, intelligent et charmant, étant là, il méritait bien cette ovation. Anthony Palou

Article complet : Le Figaro.fr


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